Le Vélopartage En Temps De COVID-19

Printer Friendly, PDF & Email

Tuesday, June 16, 2020

Les réseaux de partage de bicyclettes (vélopartage*) permettent l’emprunt de bicyclettes moyennant des frais d’adhésion ou d’utilisation. Ils constituent une solution* pratique et peu coûteuse pour ceux qui n’ont pas de vélo. Ces réseaux peuvent être exploités par le secteur public ou privé, généralement en collaboration avec les municipalités. Ils peuvent aussi être exploités par des organisations à but non lucratif ou par des établissements comme les universités*. Au Canada, les deux types de vélopartage les plus répandus* sont les systèmes de stations automatisées, et les systèmes « sans borne* » où la collecte et le dépôt de la bicyclette peuvent se faire n’importe où dans une zone* désignée.

La pandémie de la COVID-19 a généré de nouvelles complications en lien avec la sécurité du vélopartage, et les réseaux partout dans le monde ont adopté* différentes stratégies pour répondre aux besoins locaux en constante évolution. Les risques de transmission ont poussé certains à interrompre leurs activités*, mais plusieurs restent en service en redoublant de précautions* quant à la distanciation physique, l’hygiène respiratoire et des mains ainsi que le nettoyage et la désinfection.

L’achalandage a changé au cours de la pandémie : une chute du nombre d’usagers est survenue lors du confinement strict, puis à mesure que les villes ont repris leurs activités, l’achalandage a souvent augmenté*. Les habitudes d’utilisation et d’adhésion ont aussi changé. Par exemple, un réseau de vélopartage de Philadelphie a comparé l’utilisation des bicyclettes aux mois de mars et d’avril 2019 et 2020, et a découvert que les bicyclettes publiques, qui étaient auparavant principalement utilisées lors des déplacements quotidiens, sont maintenant utilisées majoritairement pour les services essentiels (entre autres les épiceries, les pharmacies et les livraisons de repas). À Vancouver*, on a vu une hausse des abonnements mensuels et une chute des abonnements plus longs (de trois mois à un an) pendant les mois de mars et d’avril 2020, l’achalandage global a également connu une baisse de 42 % en comparaison à la même période en 2019. Toutefois, le nombre d’usagers détenant un abonnement mensuel a totalisé 14 406 en 2020, contre 6 665 en 2019.

COVID-19 : effets sur le vélopartage

Les précautions à prendre lors d’activités extérieures sont valables pour toutes les formes de cyclisme, mais certains problèmes sont propres au vélopartage : risques de regroupements aux points de collecte et de dépôt et contamination des surfaces fréquemment touchées, entre autres. Néanmoins, la capacité du vélopartage de contribuer à la mobilité des populations locales s’est avérée avantageuse lors de la pandémie. Les bicyclettes publiques ont contribué* aux déplacements des travailleurs de la santé de première ligne et aux loisirs des utilisateurs occasionnels qui n’ont pas de bicyclette. Un récent sondage* auprès des Canadiens a dévoilé que 93 % des répondants hésitaient à utiliser les autobus en raison des risques de transmission. Ainsi, durant la pandémie, il est possible que les bicyclettes publiques soient aussi utilisées par certains comme solution de rechange au transport collectif.

À notre connaissance, il n’y a aucune directive de santé publique pour le vélopartage en temps de COVID-19 . Les exploitants adoptent toutefois des mesures reflétant les recommandations de santé publique pour diminuer les risques de transmission autant à l’extérieur que sur les lieux de travail.

Réactions des réseaux de vélopartage à la pandémie de COVID-19

Conserver une bonne mobilité

Plusieurs réseaux ont élargi leurs offres d’abonnement ou ont facilité l’accessibilité au service, par exemple en offrant des abonnements gratuits aux travailleurs essentiels de Montréal. À New York, des stations* ont été installées près des hôpitaux pour en faciliter l’accès par le personnel médical.

Minimiser les risques de transmission

La prévention de la transmission requiert des précautions de la part des exploitants, du personnel et des usagers. La plupart des stratégies mises en œuvre par les réseaux de vélopartage individuels semblent correspondre aux directives locales de distanciation physique, d’hygiène et de désinfection.

Mesures adoptées par les exploitants pour garantir la sécurité du personnel

Certains exploitants* de réseaux de vélopartage ont publié leurs mesures de sécurité en milieu de travail. Par exemple :

  • Encourager le télétravail si possible;
  • Limiter le nombre d’employés au même endroit pour éviter les interactions rapprochées;
  • Fournir aux employés de l’équipement de protection individuelle comme des gants et des masques non médicaux;
  • Intensifier le nettoyage des outils, des équipements et des véhicules;
  • Former les employés sur les pratiques de nettoyage et de désinfection.

Mesures adoptées par les exploitants pour garantir la sécurité des usagers

La plupart des entreprises de vélopartage ont renforcé leurs lignes directrices* existantes quant à l’entretien, la réparation et la redistribution des bicyclettes, en plus de la surveillance et du signalement d’accidents et d’autres incidents. Cela inclut :

  • l’augmentation du nettoyage et de la désinfection des surfaces fréquemment touchées, particulièrement aux bornes achalandées et celles qui sont plus exposées à la contamination (par exemple près des hôpitaux);
  • l’utilisation de technologies comme un revêtement* antiviral sur les guidons;
  • la création d’une distance de séparation entre les bicyclettes stationnées et les piétons par la fermeture* des stations où des rassemblements ont été observés et l’introduction de zones et de parcs de stationnement* pour les systèmes sans borne;
  • la publication* des données de congestion sur les bornes pour aider les usagers à choisir un site sécuritaire;
  • la mise en place de solutions sans contact comme des scanneurs ou des codes QR* pour les cadenas;
  • la communication aux clients des mesures de protection adoptées et des pratiques personnelles recommandées, comme celles énoncées ci-dessous, en affichant des instructions sur les sites Web, les applications mobiles et les bornes.

Mesures recommandées pour les utilisateurs de bicyclettes en vélopartage

Les entreprises de vélopartage publient un éventail de pratiques recommandées pour leurs clients, y compris :

  • Maintenir la distanciation physique aux stations (par exemple en attendant qu’un autre usager ait terminé avant de s’approcher) et durant les déplacements;
  • Nettoyer et désinfecter les sièges, guidons et poignées avec des produits à base d’alcool approuvés avant et après l’utilisation;
  • Apporter son propre casque ou nettoyer et désinfecter les casques fournis par le réseau de vélopartage;
  • Se laver les mains avant et après avoir touché les surfaces;
  • Respecter les directives locales concernant le port du masque.

Les directives concernant les casques et les masques diffèrent d’un endroit à l’autre. Avant la pandémie, certains services offraient les casques, mais durant la pandémie certains d’entre eux ont interrompu ce service. Les entreprises de vélopartage ne semblent pas obliger leurs clients à porter le masque, bien qu’elles leur suggèrent de suivre les recommandations de santé publique locales.

Résumé

Malgré le manque de directives officielles de santé publique propres au vélopartage, les exploitants semblent capables d’appliquer les recommandations locales. On ignore encore à quel point les clients respectent les règles affichées, mais au moins une entreprise de vélopartage, à Houston*, a réagi aux comportements à risque en fermant les stations sujettes aux rassemblements. Plusieurs entreprises ont aussi insisté sur la responsabilité des usagers de prendre les mesures d’hygiène appropriées, car il n’y a aucune garantie que chaque bicyclette sera nettoyée et désinfectée après chaque utilisation. Le vélopartage peut aussi augmenter la capacité de transport, et les décisions sur le maintien et la modification des services de livraison pourraient devoir passer par une évaluation du rapport entre le risque de transmission local et les besoins de mobilité.

 

* L’article est en anglais seulement.