Demande spéciale : Émissions des crématoriums et effets sur la qualité de l’air.

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Questions centrales

Un complexe funéraire a demandé à une municipalité l’autorisation d’installer un four crématoire. Des résidents des environs s’y sont opposés, inquiets de l’exposition potentielle à des émissions nocives. Nous avons communiqué avec un bureau de santé publique pour obtenir réponse aux questions suivantes :

  1. Les crématoriums émettent-ils des polluants nocifs?
  2. Existe-t-il des données montrant que l’exposition aux émissions des crématoriums a des effets nocifs sur la santé?
  3. Quelles sont les pratiques normalisées en matière de proximité avec les zones résidentielles?
  4. Quelles mesures peuvent contribuer à réduire les émissions des crématoriums et l’exposition aux risques?

Avertissement : L’information présentée ici vise à répondre à des questions précises sur un problème de santé environnementale; il ne s’agit pas d’une revue exhaustive des données probantes. Elle ne remplace pas les directives ni les règlements fédéraux, provinciaux et locaux.

Contexte

Depuis les années 1950, de plus en plus de Canadiens préfèrent la crémation à l’enterrement. La Cremation Association of North America (CANA) estime qu’en 2016, environ 70 % des dépouilles humaines étaient incinérées au Canada, et que cette proportion pourrait passer à 80 % en 20201, 2. Pour répondre à la demande, il faudra donc agrandir les crématoriums ou construire de nouveaux établissements, ce qui pourrait entraîner de nombreuses demandes d’enquête sur les risques potentiels dans les collectivités voisines. Le présent document porte donc sur la pollution atmosphérique et les risques pour la santé humaine associés aux crématoriums.

Méthodologie

Nous avons effectué un survol de la documentation sur les problèmes de santé et de qualité de l’air ainsi que leur association aux processus de combustion des crématoriums. Nous avons interrogé les bases de données EBSCOhost (Biomedical Reference Collection: Comprehensive Edition, CINAHL Complete, GreenFILE, MEDLINE avec texte intégral, Urban Studies Abstracts) et Google Scholar. Nous avons utilisé les mots-clés, variantes et opérateurs booléens suivants : (cremat* [crémat*] OR funeral home [complexe funéraire]) AND (health [santé] OR illness [maladie] OR irrita* [irrita*], OU annoy* [ennu*] OR emission [émission] OR air quality [qualité de l’air]). Pour être inclus, les articles devaient avoir été publiés, être rédigés en anglais et faire état de travaux menés chez l’humain. Nous avons utilisé le moteur de recherche Google pour accéder aux sites Web d’organismes publics pertinents et trouver des publications parallèles, notamment des documents canadiens de santé publique sur les établissements de crémation et des exemples de pratiques dans d’autres pays. De référence en référence, nous avons enrichi nos listes de ressources.

1.       Les crématoriums émettent-ils des polluants nocifs constituant un risque pour la santé publique?

Types d’émissions

La crémation est un processus de combustion durant lequel un cercueil et une dépouille humaine (ou animale, dans le cas des animaux domestiques) sont incinérés à haute température dans une chambre fermée. Au Canada, la crémation consomme du gaz et produit des émissions associées à l’utilisation de combustibles fossiles et aux matériaux incinérés3, 4, notamment les suivantes :

  • Gaz de combustion : Monoxyde de carbone (CO), oxydes d’azote (NOx), dioxyde de soufre (SO2) et composés organiques volatils (COV)
  • Matière particulaire et poussière fine : MP10 et MP2,5
  • Polluants organiques : polychlorodibenzo-p-dioxines (PCDD), polychlorodibenzofuranes (PCDF), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et autres produits de la combustion incomplète ou de la réaction de composés organiques avec le chlore dans des matériaux comme le plastique
  • Métaux lourds : Mercure (Hg) provenant de la vaporisation des amalgames dentaires, traces de métaux variés dans les tissus humains ou objets personnels dans le cercueil

Les polluants les plus surveillés sont ceux dont la toxicité pour l’humain est connue et qui peuvent s’accumuler dans les tissus (p. ex., les PCDD, les PCDF et le mercure), ainsi que les matières particulaires fines (MP2,5), qui peuvent endommager le cœur et les poumons et sont associées à certaines maladies chroniques et à des issues néonatales défavorables2,3,5-7. Les données probantes sur l’émission de particules radioactives résultant de la crémation de patients traités avec ces substances (p. ex., traitements contre le cancer) n’ont pas fait l’objet d’études approfondies, mais il s’agit tout de même d’un sujet de préoccupation émergent d’intérêt public8-10.

Niveaux d’émissions

Les crématoriums sont généralement considérés comme des installations de moindre envergure, qui produisent relativement peu d’émissions comparativement aux autres établissements du même type (p. ex., incinérateurs industriels ou de déchets municipaux). Au Canada, ils représentent environ 5 % des émissions totales de PCDD et de PCDF, 6 % des émissions de mercure et 0,25 % des émissions de MP2,5311. Ces estimations se fondent sur le nombre de crémations déclarées par année et sur les facteurs d’émissions liés aux polluants dans les crématoriums12, 13. Au pays, la plupart des grandes installations générant beaucoup d’émissions doivent présenter un rapport à l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP). Durant la dernière année de déclaration (2017), aucun crématorium pour humains et un seul crématorium pour animaux domestiques ont fait rapport à l’INRP, et l’établissement en question reçoit beaucoup plus de dépouilles que la normale.

La contribution relative d’un crématorium à la pollution atmosphérique locale dépend des autres sources potentielles de polluants à proximité, du nombre de crémations et de la composition des dépouilles, de la conception du système, de l’exploitation du four crématoire et des mesures de maîtrise des émissions décrites au tableau 114. Le tableau 2, quant à lui, résume la documentation sur la concentration dans l’air ambiant, l’exposition prévue et la concentration de PCDD, de PCDF, de mercure ou de MP2,5 dans les gaz de combustion. La plupart des études n’indiquent que la concentration de polluants dans les gaz de combustion; peu ont mesuré la concentration ambiante de polluants atmosphériques ou conçu un modèle d’exposition prévue.

Tableau 1. Facteurs influençant le niveau d’émissions potentiel

Composition du cercueil et des dépouilles

 

  • La taille des dépouilles peut influencer la température initiale de combustion, la durée des émissions (1,5 à 5 heures) et la quantité totale d’émissions13.
  • Les émissions de mercure dépendent de la présence d’amalgames dentaires2; chacun peut contenir jusqu’à 0,5 g de mercure, qui peut se vaporiser partiellement et se retrouver dans l’atmosphère3, 15.
  • Les composantes en plastique ou en polystyrène du cercueil ou des objets personnels peuvent augmenter la probabilité que des particules fines et des polluants organiques (p. ex., HAP, PCDD et PCDF) se forment dans la chambre de combustion3.
  • Les cercueils traités avec des insecticides ou des agents de conservation peuvent émettre des PCDD et PCDF. Les cercueils faits de bois non traité, de carton et de matériaux semblables émettent moins de substances nocives16, 17.
  • La présence de substances radioactives dans la dépouille – en raison de dispositifs ou d’une radiothérapie – pourrait entraîner l’émission de particules radioactives ou produire un rayonnement de faible intensité dans la chambre de combustion8, 18.

Conception du système

  • La présence de deux chambres de combustion dans un four crématoire permet le traitement à haute température des gaz et des particules, ce qui réduit les odeurs, la poussière fine et les produits de la combustion incomplète comme les PCDD et les PCDF.
  • La hauteur des cheminées peut influencer la distribution et la dispersion des émissions dans l’atmosphère et au sol4, 19.
  • Les équipements anciens sont moins susceptibles d’être munis de processus de contrôle et de surveillance modernes, et risquent davantage de mal fonctionner20, 21.

Paramètres opérationnels du four crématoire

 

  • Les températures initiales peu élevées peuvent entraîner une combustion incomplète dans les premières étapes de la crémation, ce qui libère des particules ou des produits comme les PCDD et les PCDF20.
  • Les températures élevées (p. ex., supérieures à 850 °C), le temps de rétention des gaz (2 secondes) dans la deuxième chambre et la présence d’une quantité suffisante d’oxygène (p. ex., 6 %)3, 20peuvent réduire l’émission de produits de la combustion incomplète.
  • Les équipements modernes disposant de processus de contrôle et de suivi continu des polluants peuvent alerter les exploitants en cas de problème opérationnel. Une forte concentration de monoxyde de carbone peut indiquer une combustion inefficace et la formation de produits de la combustion incomplète.
  • L’absence de surveillance peut empêcher la détection des erreurs d’exploitation et des défaillances de l’équipement, et ainsi entraîner l’émission non intentionnelle de polluants.

Mesures de maîtrise des émissions

  • Le traitement des gaz de combustion, la neutralisation par acide, l’adsorption sur charbon actif, le captage des poussières et les bonnes pratiques d’exploitation et d’entretien peuvent contribuer à réduire les émissions de polluants importants4, 14.
  • Les mesures de contrôle de la poussière peuvent contribuer à réduire les émissions de particules fines, des PCDD et des PCDF16,19,20,22.
  • L’équipement de réduction du mercure, comme les filtres au charbon actif, les épurateurs-laveurs et les technologies de captation par liaison et de précipitation du mercure, est efficace pour réduire les émissions de mercure23, 24.
  • L’élimination du mercure à la source grâce au retrait des amalgames dentaires avant la crémation peut être économique et écologique; toutefois, cette pratique est toutefois moins bien acceptée par la société et difficile à imposer25.

 

Tableau 2. Études sur l’émission de polluants par les crématoriums

Endroit

Type d’étude

PCDD/PCDF

(EQ en ng/m3)

Mercure

(µg/m3)

MP2,5

(mg/m3)

Taïwan26

CA

0,0005

(en aval du crématorium, aucun contrôle de la poussière)

S. O.

S. O.

Nouvelle-Zélande27

 

CA

S. O.

110-120 µg/kg

(concentration moyenne dans le sol en aval)

S. O.

Virginie (États-Unis)28

EP

0,0000008 (exposition max.)

0,0000005 (école la plus près)

0,003 (exposition max.)

0,002 (école la plus près)

S. O.

Taïwan26

CGC

0,32 (filtre à manches)

2,36 (aucune mesure de réduction de la poussière)

S. O.

S. O.

Taïwan29

CGC

0,14

(1 crématorium)

S. O.

S. O.

Mexique14

 

CGC

S. O.

S. O.

11-35 (crémations de 120 min)

25-205 (crémations de 70 min)

Aucune mesure de réduction de la poussière

Danemark30

 

CGC

0,2-0,7

(2 crématoriums)

S. O.

S. O.

Italie31

 

CGC

1,13; 1,10

(1 crématorium, 2 crémations)

2,8; 293; 76

(1 crématorium, 3 crémations)

2,2; 1,1; 1,9

(1 crématorium, 3 crémations)*

Japon22

 

CGC

0,00005-11

(divers niveaux de contrôle des émissions)

S. O.

S. O.

Japon32

CGC

S. O.

0,2-30,3 (moyenne : 3,6)

(7 crématoriums)

S. O.

Norme de qualité de l’air ambiant

< 0,1

(PNUE33)

2 (moyenne de 24 heures)

(critères de qualité de l’air ambiant de l’Ontario34)

0,027 (moyenne de 24 heures)

(NCQAA35)

Limites d’exposition par inhalation aiguë (A), sur 8 heures (8) et chronique (C)36

0,04 (C)

0,6 (A)

0,06 (8)

0,03 (C)

(mercure, composés inorganiques du mercure)

 

CA = concentration dans l’air ambiant; EP = exposition prévue; CGC = concentration dans les gaz de combustion;

ng = nanogrammes; µg = microgrammes; EQ = équivalent toxique; S. O. = non évalué

* Total des matières particulaires

La concentration mesurée dans les gaz de combustion varie considérablement d’une étude à l’autre, ce qui illustre toute l’influence de la conception, de l’exploitation, et des mesures de contrôle sur les niveaux d’émissions. Nous n’avons trouvé qu’une étude mesurant la concentration de PCDD et de PCDF dans l’air ambiant en aval, et aucune mesurant la concentration de mercure ou de MP2,5. Une étude indique la concentration de mercure dans le sol en aval, jusqu’à 30 m des crématoriums. D’autres études menées en Suède37et en Norvège38ont détecté du mercure dans le sol en aval de sources anthropiques, dont les crématoriums, mais n’ont pas mentionné la contribution relative et la corrélation avec la concentration ambiante.

Il peut être difficile de déterminer la contribution relative des émissions crématoires à la qualité de l’air local. Certains pays ont instauré une réglementation nationale sur les émissions de mercure et autres polluants émis par les crématoriums, mais le gouvernement du Canada n’en impose aucune23, 39. Il existe des normes canadiennes de qualité de l’air ambiant (NCQAA) pour les MP2,5, mais par pour les PCDD, les PCDF ni le mercure. Certaines provinces (comme l’Ontario34) ont leurs propres critères de qualité de l’air ambiant pour ces substances; toutefois, il peut être difficile d’attribuer les dépassements à une seule source. Une modélisation informatique de la dispersion dans l’air qui tient compte des conditions atmosphériques, de la géographie et des facteurs d’émissions locaux peut servir à prédire les niveaux d’exposition à une source de pollution en particulier. Cette approche a été utilisée pour estimer l’exposition aux émissions d’un crématorium en Virginie, aux États-Unis (tableau 2), et a permis de déterminer que l’exposition prévue était bien en dessous les limites de référence pour les PCDD, les PCDF et le mercure12, 28. Les rapports aux autorités locales pour les crématoriums proposés utilisent également cette approche, mais peuvent estimer les émissions à partir des facteurs d’émissions déclarés par les fabricants. La plupart des rapports trouvés sur des sites Web d’organismes publics qui se servent de cette méthode indiquent des effets minimaux ou inexistants selon les récepteurs sensibles, mais ils ne mesuraient pas toujours la concentration de polluants nocifs comme les PCDD, les PCDF, le mercure ou les MP2,528,40,41.

Peu d’études ont évalué l’émission de particules radioactives due aux crématoriums. Dans l’Ouest de l’Australie, une étude sur la dispersion atmosphérique a modélisé les émissions d’iode 131 (131I) après la crémation de patients morts du cancer qui avaient reçu une dose élevée de 131I peu avant leur décès. L’étude estime que les limites environnementales pour les émissions atmosphériques de 131I pourraient avoir été dépassées à 440 m et à 1 610 m en aval de la cheminée, mais les taux de 131I dans l’air ambiant n’ont pas été mesurés10. Il est peu probable que des événements de ce type soient représentatifs des conditions habituelles, et le respect des Lignes directrices sur la radioprotection pour la manipulation sécuritaire des dépouilles de la Commission canadienne de sûreté nucléaire devrait réduire l’exposition aux rayonnements émis par les crématoriums et d’autres établissements mortuaires ainsi que l’émission de particules radioactives dans l’environnement18.

 

2.       Existe-t-il des données prouvant que l’exposition aux émissions des crématoriums a des effets nocifs sur la santé?

Comme il a été mentionné à la section 1, les polluants les plus préoccupants sont les PCDD, les PCDF, le mercure et les matières particulaires fines (MP2,5)2,3,5-7. On sait que les PCDD, les PCDF et le mercure sont toxiques pour l’humain et peuvent s’accumuler dans les tissus. Les PCDD et les PCDF sont classés comme des carcinogènes possibles, et le mercure est une neurotoxine. L’exposition aux MP2,5, qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons, peut accroître le risque de maladies cardiaques, de cancer du poumon, d’asthme et d’issues néonatales défavorables, et exacerber d’autres maladies comme le diabète. En ce qui concerne ces polluants, des organismes comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la United States Environmental Protection Agency (USEPA) recommandent de limiter l’exposition, en particulier chez les populations vulnérables comme les bébés, les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.

Le niveau d’exposition attribuable aux crématoriums n’a pas fait l’objet d’études approfondies. Une revue de la littérature n’a permis de trouver qu’une étude sur les résultats de santé des résidents vivant à proximité. Celle-ci a évalué le risque de mortinaissance, de mortalité néonatale et d’anomalies congénitales mortelles chez les bébés dont les mères vivaient à proximité d’un incinérateur ou d’un crématorium à Cumbria, en Angleterre, entre 1956 et 199342. Les chercheurs ont repéré une association entre le risque de mortinaissance et d’anencéphalie et la proximité résidentielle à un crématorium; toutefois, ils n’ont pu établir de lien causal. L’exposition a été calculée à partir de la distance entre le code postal résidentiel et l’emplacement du crématorium; toutefois, certains crématoriums étaient situés près de sites industriels pouvant avoir été source d’autres polluants, et ni les niveaux d’émission du crématorium ni les concentrations de polluants dans l’air ambiant près des propriétés réceptrices n’ont été mesurés.

Les répercussions des établissements d’incinération sur la santé des personnes habitant à proximité ont été davantage étudiées. Les incinérateurs de déchets sont souvent beaucoup plus gros que les crématoriums, et les matières traitées sont généralement plus variées, mais ils produisent aussi des émissions associées à la combustion, notamment des métaux traces, des particules et des composés organiques comme les PCDD et les PCDF. Une revue de la littérature datant de 2012 qui cherchait à déterminer les effets sur la santé du traitement thermal des déchets solides municipaux dans divers pays indique que la proximité avec les incinérateurs de déchets produisant beaucoup de dioxine (p. ex., EQ de 16-80 ng/m3) est associée à des effets néfastes, dont des anomalies congénitales et le lymphome non hodgkinien43. Ces niveaux d’émission dépassent ceux enregistrés pour les crématoriums (tableau 2) ainsi que les limites permises au Canada et en Europe (EQ de 0,05-0,50 ng/m3), et les incinérateurs de ce type sont des sources de polluants beaucoup plus importantes que les crématoriums : ils traitent plus de 100 fois plus de matériaux par jour.

D’autres études évaluant les effets des crématoriums sur la santé ont évalué l’exposition professionnelle au mercure, à la poussière et aux radiations9,44,45; elles n’ont établi aucune association avec des effets nocifs. Les employés des crématoriums étaient exposés à davantage de mercure que le groupe témoin, et ils pouvaient également être exposés à des particules fines, surtout en l’absence de toute mesure de réduction de la poussière44, 45. Une récente étude sur l’exposition professionnelle après la crémation d’un patient traité au lutécium 177 (177Lu) radiopharmaceutique n’a trouvé aucune trace de la substance radioactive dans l’urine de l’employé, mais a détecté du rayonnement dans le crématorium et la présence d’un autre isotope dans l’urine, ce qui pourrait indiquer une exposition antérieure9.

 

3.       Quelles sont les pratiques normalisées en matière de proximité avec les zones résidentielles?

Le tableau 1 énumère les nombreux facteurs influençant les émissions des crématoriums. Les concentrations au sol peuvent également être influencées par les vents dominants et la topographie. En Amérique du Nord, il n’existe aucune exigence normalisée pour la distance de recul, et les gouvernements fédéraux des États-Unis et du Canada n’ont établi aucune distance de séparation minimale. Les crématoriums sont réglementés à l’échelle provinciale et territoriale, et les autorités régionales ou municipales déterminent  si elles imposent une distance de recul minimale en fonction de facteurs liés à la planification et à l’environnement. La recherche documentaire pour des ressources provenant d’organismes publics et des publications parallèles a relevé des pratiques très variées, dont certaines sont présentées dans le tableau 3.

Tableau 3. Exemples mondiaux de distances de recul minimales pour les crématoriums

Pays/province

Distance minimale

Angleterre et pays de Galles

(Cremation Act du Royaume-Uni)46

200 verges (183 m) de toute maison, et 50 verges (46 m) des autoroutes publiques (protège les résidents de la fumée et des émanations et respecte l’intimité des funérailles)

Ouest de l’Australie47

200 à 300 m des utilisations sensibles du sol

Sud de l’Australie et Territoire de la capitale australienne48, 49

150 m (distance minimale)

Département de la santé de l’Afrique du Sud50

500 m de tout bâtiment habitable

États-Unis (Compté de Sacramento, en Californie)51

500 pieds (152 m) de toute zone résidentielle, agricole résidentielle, ou résidentielle temporaire

Au Canada, diverses pratiques de zonage déterminent les lieux permis et interdits pour la construction de crématoriums, et il existe des restrictions et précisions pour les distances de recul. Par exemple, en Ontario, la distance de séparation minimale et la zone d’influence potentielle des crématoriums dépendent de la classe attribuée par les autorités locales : classe 1 (p. ex., distance de séparation minimale de 20 m et zone d’influence potentielle de 70 m) ou classe 2 (p. ex., distance de séparation minimale de 70 m et zone d’influence potentielle de 300 m)40, 52. Ailleurs, la présence d’un crématorium peut être autorisée près d’un cimetière, ou encore dans certaines zones (industrielles), à condition qu’elle respecte une distance minimale avec les milieux sensibles comme les écoles, les garderies, les bibliothèques et les établissements de soins (p. ex., 30 à 60 m)53, 54. Certaines régions ne précisent aucune distance de recul; l’emplacement des crématoriums peut être laissé à la discrétion des autorités locales.

 

4.       Quelles mesures peuvent contribuer à réduire les émissions des crématoriums et l’exposition aux risques?

Bien que peu d’études évaluent les effets des émissions crématoires sur la santé, la documentation sur les effets nocifs des substances comme les PCDD, les PCDF, le mercure et la MP2,5 indique qu’il convient d’adopter des pratiques exemplaires pour réduire le risque d’exposition à ces polluants. Non seulement chaque région a-t-elle sa propre réglementation de zonage et de planification, mais chaque province réglemente différemment les crématoires et est placée sous la supervision de diverses autorités gouvernementales, des offices de protection des consommateurs aux ministères de l’Environnement et de la Santé publique. En raison de la petite taille des installations et de la nécessité de respecter les exigences régionales, il n’est généralement pas obligatoire de surveiller la qualité de l’air ambiant près des crématoriums.

En Colombie-Britannique, l’organisme de réglementation des crématoriums, Consumer Protection BC, veille au respect de la réglementation du Cremation, Interment and Funeral Services Act. La réglementation exige que l’exploitant fournisse un rapport d’ingénierie initial certifiant que le crématorium respecte les spécifications du fabricant, la réglementation locale et les lois provinciales (voir la liste de vérification); pour réduire les émissions potentielles, elle interdit aussi l’utilisation de plastique, de fibre de verre, de mousse, de styromousse, de caoutchouc, de PVC et de zinc dans les contenants funéraires55. En Ontario, il est nécessaire d’obtenir une autorisation de conformité environnementale avant de renouveler ou de construire un crématorium pour humains ou animaux domestiques, afin de limiter la concentration de polluants atmosphériques dans la propriété et autour de celle-ci dans des conditions normales. Pour réduire les effets locaux, le crématorium pourrait être soumis à certaines conditions d’exploitation et limites d’émissions (y compris olfactives et sonores). Il pourrait devoir effectuer un suivi continu de paramètres précis, comme la concentration de monoxyde de carbone, pour évaluer l’efficacité de la combustion, qui influence l’émission de polluants organiques. Dans les Territoires du Nord-Ouest, d’après les propositions formulées pour le Règlement sur la crémation, le médecin-hygiéniste en chef examinera les demandes pour la construction de crématoriums et déterminera si les processus proposés sont sécuritaires. Les demandeurs devront préciser les caractéristiques de l’équipement, les éléments de conception, les méthodes opérationnelles, les mesures de réduction de l’exposition aux microorganismes nocifs et aux risques chimiques, et les processus de traitement supplémentaires56. Au Québec, le Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère de la Loi sur la qualité de l’environnement établit des exigences particulières pour les crématoriums, notamment en ce qui concerne les dispositifs utilisés et les paramètres opérationnels. Il précise également les mesures de surveillance requises, et exige l’analyse des émissions gazeuses dans l’atmosphère ainsi que le calcul des concentrations particulaires dans l’année suivant l’installation, puis au moins une fois tous les cinq ans57.

Pratiques exemplaires

Le Secrétariat de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants a publié des lignes directrices sur les crématoriums (en anglais)33, qui respectent les recommandations formulées dans les publications sur le sujet19, notamment les suivantes :

  • Température minimale du four (850 °C), temps de rétention dans la deuxième chambre (2 secondes) pour les gaz de combustion) et quantité d’air (p. ex., 6 % d’oxygène par unité de volume) suffisants pour assurer la combustion dans la deuxième chambre et éviter l’émission de produits de la combustion incomplète.
  • Équipement adéquat de réduction de la pollution atmosphérique, notamment pour la régulation de la température, la réduction de la poussière, l’injection de carbone, les tissus filtrants et l’étanchéité des fours crématoires et du coffrage.
  • Surveillance de la température des gaz ainsi que de la concentration en oxygène et en monoxyde de carbone des gaz de combustion; utilisation de valeurs limites d’émission pertinentes et de mesures de suivi supplémentaires, notamment la surveillance de la qualité de l’air et des sols à proximité du crématorium.
  • Non-utilisation des PVC, des métaux et des produits chlorés dans les cercueils et les matériaux accessoires.
  • Mesures de contrôle opérationnel, d’inspection et d’entretien préventif.

Certaines mesures législatives peuvent être efficaces pour réduire les émissions. Par exemple, en Europe, l’imposition d’exigences sur la réduction du mercure a aidé à en réduire les émissions dans les crématoriums23. D’autres mesures visant à protéger les employés des crématoriums, comme le retrait des implants radioactifs avant la crémation, la mention des traitements radioactifs chez les patients décédés et les pratiques sécuritaires de manipulation des cendres, peuvent également réduire les émissions de polluants dans l’environnement3,18,44. Le retrait des amalgames dentaires avant la crémation pourrait aider à réduire considérablement les émissions, mais cette mesure pourrait être difficile à imposer.

Le tableau 4 présente un résumé de l’efficacité de diverses mesures de maîtrise des polluants.

Tableau 4. Efficacité de diverses mesures de maîtrise des polluants

Mesures de maîtrise

PCDD/PCDF

Hg

MP2,5

Radioactivité

Contrôle des sources

 

 

 

 

Élimination des plastiques et autres substances

 

 

Utilisation de matériaux et d’enduits non toxiques et écologiques dans les cercueils

 

 

 

Retrait des amalgames contenant du mercure

 

 

 

Retrait des appareils médicaux contenant des substances radioactives

 

 

 

Contrôles opérationnels

 

 

 

 

Température minimale de 850 °C (2e chambre)

 

 

Temps de rétention minimal des gaz de 2 secondes (2e chambre)

 

 

Taux d’oxygène adéquat dans la chambre de combustion

 

 

Surveillance des émissions de monoxyde de carbone

 

 

Étanchéité des chambres de combustion et du coffrage

Entretien et inspection

Formation des exploitants

Contrôle des émissions

 

 

 

 

Contrôle de la poussière (filtres et épurateurs-laveurs)

 

 

Traitement au charbon actif

 

 

Technologies de réduction du mercure (captage, précipitation, etc.)

 

 

 

Hauteur adéquate des cheminées

Permet la dispersion des gaz plus haut dans l’atmosphère


 Mesure aidant à réduire les émissions

Résumé

Les processus de combustion peuvent générer des polluants potentiellement nocifs, comme des composés organiques (PCDD et PCDF), du mercure et des matières particulaires fines (MP2,5). Bien que ces substances aient été associées à toutes sortes d’effets néfastes sur la santé, aucune étude n’indique un lien de causalité entre ces effets et les émissions des crématoriums. L’absence de données sur le sujet et le manque de surveillance de la qualité de l’air aux alentours des installations limitent la capacité à bien évaluer les répercussions sur la santé. Par mesure de précaution, il serait préférable de suivre les pratiques exemplaires en matière d’emplacement, de conception, d’exploitation, de surveillance et d’entretien.

Au Canada, il n’existe aucune pratique normalisée pour le contrôle des émissions, le suivi ou la distance de recul pour les crématoriums, mais les différentes régions ont leurs propres exigences. Les exigences et mesures de maîtrise devraient tenir compte du type d’équipement, des conditions climatiques locales, de l’utilisation locale des sols, du zonage et de la proximité des récepteurs sensibles, au cas par cas. Indiquer au public dès le début du processus de développement les répercussions potentielles et les stratégies de réduction des risques peut aider à dissiper les inquiétudes et orienter le choix du site, des mécanismes de contrôle opérationnel et des procédures de surveillance.

Remerciements

L’auteure aimerait remercier ses collègues du CCNSE (Shirra Freeman et Lydia Ma) pour leur révision du document, leurs précieux commentaires et leur aide avec le référencement (Michele Wiens).

Références

  1. Cremation Association of North America. Industry statistical information.  Wheeling, IL: CANA; 2019 [cited 2019 Dec 10]; Available from: https://www.cremationassociation.org/page/IndustryStatistics.
  2. Tibau AV, Grube BD. Mercury contamination from dental amalgam. J Health Pollut. 2019;9(22):190612. Available from: https://doi.org/10.5696/2156-9614-9.22.190612.
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Publication Date Mar 24, 2020
Posted by NCCEH Mar 24, 2020